Le ronronnement

Par Anne-Lise Paul, TSA, Comportementaliste canin et félin www.azca.ca 

Le ronronnement

Qui n’a jamais entendu le doux ronronnement d’un chat blotti sur ses genoux ? Pour tous les amoureux des chats, c’est une tendre mélodie qui berce les oreilles, pour les autres, il s’agit d’un bourdonnement étrange, mais que savons-nous réellement de ce doux murmure félin qui ne laisse personne indifférent ? Comment est-il produit par nos amis les chats ? Que signifie t’il véritablement ? Expression d’un contentement  ou d’un stress ? Tentative d’apaisement ? Quels en sont les effets ? Voyons cela d’un peu plus près !

Qu’est-ce que c’est exactement ?

Son continu de basse amplitude, le ronronnement est émis pendant toutes les phases de la respiration, excepté pendant une courte pause de quelques millisecondes, entre les phases d’inspiration et d’expiration. D’une fréquence de 20 à 25 Hz, cette vocalise est produite bouche fermée, et peut être entendue à trois mètres à la ronde chez le chat, comparativement au ronronnement d’un guépard, qui lui, peut être perçu à plus de 40 mètres.

Saviez-vous que ?

Si tous les chats peuvent ronronner dès l’âge de deux jours, la question n’a toujours pas été élucidée en ce qui concerne certains grands félins de la sous-famille Pantherinae, tels que les lions, tigres, léopards, jaguars et panthère des neiges. Paradoxalement, il existe deux autres espèces, issues de la famille des Viverridae (Gray, 1821), Genetta tigrina et Genetta genetta, qui sont capables de ronronner.

Comment les chats ronronnent-ils ?

Ce son, si familier et pourtant si particulier, est produit par un mécanisme encore très mal connu et peu étudié. Plusieurs hypothèses suggèrent des sons émis par les mouvements sanguins dans la veine cave, ou des vibrations provenant du larynx ou de fausses cordes vocales, ou encore du voile du palais. Quoiqu’il en soit, les scientifiques s’accordent à dire que ce processus est dirigé par un centre nerveux situé près de l’organe de « l’émotion » : l’hypotalamus. Celui-ci secrète des endorphines (effets calmants et antalgiques) qui activeraient à leur tour le ronronnement.

Quand cela arrive-t-il ?

Contrairement à l’idée très répandue selon laquelle le ronronnement est synonyme de bonheur ou de bien-être, le ronronnement intervient dans plusieurs situations, et elles ne sont pas toutes agréables :

- état de plaisir

- état de stress

- douleur/ maladie

- juste avant son propre décès

- solitude

- accouchement/allaitement/chatons lorsqu’ils tètent

La stimulation sensorielle semblerait être, plus que l’expression d’un contentement ou d’inconfort,  à l’origine du déclenchement du ronronnement.

Quels sont les effets du ronronnement ?

Bien que les bienfaits du ronronnement se constatent assez facilement, ils n’ont pas tous encore été vérifiés scientifiquement. Néanmoins, plusieurs théories récentes soulèvent les hypothèses très intéressantes, selon lesquelles, le ronronnement aurait de nombreux effets thérapeutiques :

-          effet relaxant

-          diminution de la nervosité

-          effet calmant pour les douleurs aiguës, les problèmes tendineux, musculaires ou articulaires

-          cicatrisation plus rapide après une opération chirurgicale

-          diminution de la pression artérielle

-          renforcement de la structure osseuse

-          accélération de la guérison

Ces hypothèses s’appuient sur les effets positifs des vibrations à basse fréquence.

Quizz :

Quand est-ce que le chat ne peut pas ronronner ? Il peut ronronner à tout moment lorsqu’il est réveillé, mais jamais en dormant. Cependant, il peut miauler en rêvant.

Lequel de ces félins ne ronronnent pas à la même fréquence que tous les autres félins (chats y compris) ?

  • Le puma
  • L’ocelot
  • Le guépard
  • Le serval
Il s’agit du guépard, qui ronronne a une amplitude beaucoup plus forte à l’expiration, d’où la très grande portée de son ronronnement.

Est-ce que les chats sauvages ronronnent autant que les chats domestiques ?

Non, en général, ce son est principalement réservé lors des soins parentaux (mère/chatons) pour les chats sauvages tandis que les chats domestiques l’utilisent fréquemment, surtout au contact de l’humain, ce qui suggère fortement son rôle social.

Le ronronnement connu de tous est finalement bien plus complexe qu’il n’y paraît, et il n’a pas encore fini de nous livrer tous ses secrets, pour notre plus grand plaisir !

Références :

« Tout sur la psychologie du chat » nouvelle édition, 2008, Dr Joël Dehasse

Disponible dans la boutique Humanimalité : « La ronron thérapie » Véronique Aïache, 2009 

« Le Guide des Chats, Tout savoir sur votre animal préféré » Les Editions Coup d’œil, 2008

Effervesciences http://www.effervesciences.com/s_sites/ronron/index.htm